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Fév/1313

SDDDepuis quelques années, on parle énormément de Cloud, mais le terme reste très nébuleux en fonction de ce que l’on souhaite mettre dedans. Le concept de SDD (Software-Defined Datacenter) ou SDDC (plutôt utilisé dans les docs anglaises) permet de mieux comprendre le moteur du Cloud Computing. En effet, le Cloud a besoin de virtualisation pour tourner, mais pas seulement. Il a également besoin de toute cette intelligence logicielle pour automatiser au maximum le provisionnement et être flexible, contrôlable, élastique…

On le sait tous que la virtualisation a permis de faire des économies et de rendre les administrateurs plus sereins sur leur infrastructure. Mais ce n’est qu’une première phase de modernisation de l’IT. Les directions informatiques souhaitent une infrastructure opérationnelle  mais pas seulement, elles souhaitent améliorer l’efficacité, automatisé et simplifier sa gestion, augmenter la disponibilité et la rendre agile. Et tout cela pour améliorer la productivité et se recentrer sur l’activité de l’entreprise afin de se différencier et d’améliorer leur activité.

Le Datacenter actuel des entreprises repose encore sur l’historique des différentes générations de technologie mise en place (mainframe, Unix, réseau, wintel…) qui ont dû suivre la cadence des nouveaux projets et des nouveaux besoins. C’est souvent ici que l’on trouve des silos d’architecture et d’administration qui rendent complexes cette modernisation. Ce que l’on voit c’est que les entreprises plus jeunes ou celles qui ont fait table rase du passé sont rendues plus loin dans cette modernisation et sont plus réactives.

Ce changement par le SDD est maintenant possible, car le rapport prix/performance des systèmes x86 est le meilleur du marché et ce type d’architectures permet également la scalabilité, la standardisation et l’ouverture de ce type de plateformes.
De plus, la virtualisation est devenue le modèle « de facto » pour la majorité des nouveaux serveurs déployés. Le SDD prend tout son sens dans un environnement fortement virtualisé afin d’augmenter la flexibilité, l’évolutivité et l’adaptivité pour tout le Datacenter.
Aujourd’hui, les technologies fournissant les services connexes à la virtualisation comme le réseau, la sécurité et le stockage (historiquement physique) sont également virtualisables. Evidement, il y aura encore du hardware mais standardisé et leurs fonctionnalités seront fourni par des logiciels au-dessus.

Le concept de Software-Defined Datacenter

SDServices
Alors le SDD, qu’est-ce que c’est finalement? C’est un Datacenter dans lequel tous les composants matériels sont limités à l’utilisation de composants les plus standard possible et que toute l’intelligence se situe au niveau logiciel. Comme on la fait avec la virtualisation des ressources CPU et mémoire des serveurs, c’est porter ce niveau d’abstraction au niveau de tout le Datacenter (serveur, stockage, réseau et sécurité) pour se détacher du hardware et être beaucoup plus flexible. Ainsi la virtualisation, l’automatisation et l’orchestration fournissent l’ensemble des services nécessaires. C’est ce que l’on nomme aussi Software-Defined Services.
L’approche ici est de pousser la virtualisation au niveau du Datacenter comme nous l’avons fait aux serveurs physiques avec les VMs.

Bien entendu, la virtualisation a déjà permis de gagner beaucoup dans le Datacenter. Le temps de provisionnement d’un serveur est passé de plusieurs semaines à quelques dizaines de minutes. Mais dans la réalité, on voit bien que même s’il ne faut que 20-30 minutes pour fournir une VM, son temps de mise en production se compte encore en jours. Tout simplement parce que fournir une VM seule ne suffit pas, il faut encore des interventions manuel ou physique pour fournir du stockage, du réseau et des règles de sécurité et ce sont touts ces aspects qui font perdre du temps.
Pour aller plus loin, il faut s’attaquer à l’ensemble des composants présents dans le Datacenter. Le but du Software Defined Datacenter, c’est d’offrir une solution globale qui permet d’automatiser ces demandes de déploiement aussi simplement que l’on déploie une VM.
Serveur-VM-vDC
De plus, la création même du SDD part du principe que l’on va « anticiper » les besoins. Avec la mise en place de Datacenters virtuels/logiciels, tout un panel de services est mis en place et leur usage est déjà prédéfini et préconfiguré pour les besoins futurs.
L’avantage d’avoir cela sous forme logicielle, est que contrairement aux environnements physiques, le SDD permet d’allouer, de modifier ou de retirer des ressources à la volée tout en mutualisant différents types d’environnement.
Actuellement, l’infrastructure est segmentée en différents environnements en fonction du contexte, du SLA, de la sécurité, de l’appli, des métiers… qui sont des silos technologiques, d’administration, de coûts, de compétences… et donc aller vers une consolidation globale du Datacenter et une administration unifiée. Ces énormes containeurs que sont les Datacenters virtuels sont des ressources malléables qui répondent aux mêmes besoins d’isolation que les silos avec des pools logiques d’isolation des ressources.
SDD_Datacenter
Toute l’infrastructure est virtualisée et délivrée en tant que service, le contrôle du Datacenter est entièrement piloté par le logiciel. Le SDD fournit les 5 caractéristiques suivantes pour le Datacenter:

  • Standardisé : l’infrastructure homogène est délivrée sous forme de services logiciels à travers des regroupements de standards, du matériel x86, afin d’éliminer la complexité inutile
  • Cohérent/Globale : une plateforme unifiée est optimisée pour l’ensemble du Datacenter, fournissant des services d’infrastructure globale capable de répondre à n’importe quel besoin
  • Adaptable : les services virtualisés d’infrastructure autoprogrammable sont fournis à la demande, sans contrainte de topologie physique, adaptable dynamiquement à la demande et la scalabilité des applications.
  • Automatisé : l’intelligence intégrée automatise le déploiement, le placement, la configuration et le contrôle d’après des politiques définis
  • Résistant : l’architecture et l’approche basée sur du logiciel compensent aux défaillances matérielles, fournit la reprise, la redondance et la tolérance de pannes pour les opérations critiques.

L’explication claire et synthétique du concept SDD par Sylvain Siou (Directeur Technique VMware France):

La vision de VMware

La vision de VMware face à ce concept de SDD ? Elle est présentée dans cette vidéo (the Software-Defined Datacenter by VMware) :

Le SDD est ainsi composé de toutes les fonctions suivantes:

  • La Virtualisation s’occupe de gérer les VMs, d’affecter de la CPU et de la RAM, ainsi que des ressources stockage et réseau.
  • L’infrastructure « Cloud » permet de créer un Datacenter virtuel. C’est lui qui donne le droit d’usage basé sur les différentes ressources mises à sa disposition via la virtualisation. On retrouve ici les concepts de Software-Defined Storage, Software-Defined Availability, Software-Defined Network et Software-Defined Security pour fournir les services du SDD.
  • La partie Gestion « Cloud » permet de provisionner automatiquement des environnements dans ces Datacenters virtuels. Elle permet également de suivre les composants de la solution et d’anticiper les changements à effectuer sur l’infrastructure.
  • Enfin, l’extensibilité permet de ne pas avoir une solution verrouillée, mais plutôt de l’ouvrir sur le monde extérieur, notamment via des API et de l’orchestration.

SDD_composants

Le portfolio de VMware s’est énormément étoffé ces dernières années en vue de répondre à ce concept, on y retrouve donc les produits suivants:

  • Virtualisation: avec vSphere avec toutes les fonctionnalités d’automatisation de la gamme Enterprise+
  • Infrastructure Cloud: avec vCloud Director pour créer des Datacenters virtuels et transformer en l’infrastructure en ressource Cloud de type Infrastructure as a Service (IaaS)
    • Le Software-Defined Network: assuré par certaines fonctionnalités de vCloud Network & Security comme le protocole VXLAN mais aussi dans le futur par le rachat de Nicira.
    • Le Software-Defined Security: avec vCloud Network & Security pour les fonctions de sécurité flexible et scalable.
    • Le Software-Defined Availability: avec vCenter Site Recovery Manager pour l’orchestration du PRA ainsi que vSphere Replication pour la réplication de VMs de façon agnostique.
    • Le Software-Defined Storage: avec des fonctionnalités actuelles de vSphere Enterprise+ comme le Storage DRS & le Stockage à base de profils et d’autres composants de vSphere utilisable par vCloud Director. Mais aussi par de futures fonctionnalités (pour le moment visible qu’en Tech-preview): le Stockage distribué, les vVol et le vFlash.
  • Gestion Cloud: avec vCenter Operations Management Suite pour la supervision dynamique et l’anticipation des besoins comme composants principaux, mais aussi la cartographie applicative, la gestion de la conformité, la supervision applicative et la refacturation. Et pour le provisionnement automatique, il y a le portail de consommation de ressource Cloud : vCloud Automation Center et la création d’environnement à partir de design applicatif : vFabric Application Manager.
  • Extensibilité : avec vCloud Connector pour l’interconnexion en Cloud Hybride et les API vCloud pour l’intégration avec des produits tiers. Mais aussi avec l’orchestration déjà présent dans vSphere : vCenter Orchestrator. Et enfin la gestion multiCloud, avec les 3 produits cités dans la partie gestion Cloud qui dispose tous d’extensibilité vers les autres plateformes (physique, autres Clouds, autres Hyperviseurs) : vCOps, vCAC & AppDirector.

Et voici comment s’imbriquent ces différents produits par rapport au SDD:
SDD-vCloud_Suite

Les vCloud Suite et leurs éditions

vCloudSuite_logoLes vCloud Suite sont des packages regroupant la majeure partie des produits/fonctionnalités précédemment cités pour créer une infrastructure de Cloud Computing répondant aux besoins du SDD.
Annoncé l’été dernier au VMworld 2012, le contenu des vCloud Suite a été mise à jour quelques mois plus tard au VMworld Europe 2012.

A la différence des produits de type solution vendu « à la carte » chez VMware, ces licences sont comme celle de vSphere : par processeur (socket physique). Il n’y a donc pas de limitation de vRAM ou en terme de nombre de VMs. En revanche, est package étant une offre groupée, il n’est pas possible de diviser les composants qu’elle inclue pour l’exécuter sur différents processeurs. On peut le voir comme des éditions vSphere allant au-delà de l’édition Enterprise+.
Les vCloud Suite peuvent fonctionné avec du vSphere 4.x ou 5.x, le seul prérequis est que le vCenter soit en version 5.1.

Voici le tableau de synthèse des produits/fonctionnalités disponibles en fonction des éditions vCloud Suite:

vCloud Suite 5.1 Standard Advanced Enterprise
vCloud Automation Center 5.1
vCAC Development Kit option
Provisionnement et gestion de services IT pour d’autres environnements (hyperviseur tiers ou Cloud public) option
Provisionnement et gestion de services IT en environnement vSphere
vFabric Application Director 5.0 Provisioning
Prise en charge multiCloud option
Mise à jour après déploiement option
Profils de déploiement option
Libre service
Catalogue de standardisation
Provisionnement initial
vCenter Operations Management 5.6 Advanced Enterprise
Hyperic 5.0 – tous les plugins (> 70) : LAMP, Mails, tomcat, jBoss, WebLogic, WebSphere, DB2 … option
Hyperic 5.0 – supervision Applicative, Middleware & BDD (IIS, .NET, AD, SQL, Exchange, Oracle)
Hyperic 5.0 – supervision des ressources OS (CPU, RAM, Disk, Network, Windows, Linux, AIX, Solaris, HP-UX)
vCM 5.6 – pack de contenu pour la conformité des normes (PCI, HIPAA, SOX, FISMA, FDCC, NERC, ISO …) option
vCM 5.6 – gestion de la configuration & audits des VMs au niveau OS + guidance autres éditeurs
vCM 5.6 – gestion de la configuration & audit des hosts + guidance vSphere Hardening
vCOps 5.6 – adaptateur stockage pour EMC & NetApp
vCOps 5.6 – supervision des performances et de la santé vSphere
vCOps 5.6 – tableaux de bord opérationnel, de la performance & d’optimisation de la capacité, et alertes
vCOps 5.6 – tableaux de bord personnalisables avec accès basé sur les rôles
vCOps 5.6 – adaptateur pour les outils de supervision tiers (SCOM, Tivoli, …) option option
Chargeback 2.0 – rapport d’utilisation mesuré et refacturation ventilée
VIN 2.0 – découverte d’application et cartographie de dépendances
vCenter Site Recovery Manager 5.1 Enterprise
Plans de reprise centralisés
Tests sans impact sur la production
Basculement PRA automatisé
Migration planifiée
Retour arrière automatisé
Prise en charge réplication du stockage
Prise en charge de vSphere Replication
vCloud Networking and Security 5.1 Standard Advanced Advanced
Pare-feu en haute disponibilité (cluster HA)
Equilibrage des charges (LB)
Sécurité des données contre les fuites d’informations (DLP)
Pare-feu (vShield Edge + vShield App)
Réseau privé virtuel (VPN)
VXLAN
vCloud Ecosystem Framework
Gestion et génération de rapports
Translation d’adresses réseau (NAT)
Protocole DHCP
vCloud Director 5.1
Datacenter virtuels en multi-tenant
Portail Web en libre-service
Provisionnement rapide
Modèles d’allocation des ressources
Stockage à base de profils intégrés
Snapshot et restauration
vCloud Connector 2.0 Advanced Advanced Advanced
Cloud Hybride avec extensibilité entre Cloud privé et public
Synchronisation des catalogues inter-Cloud
vSphere Enterprise Plus 5.1 Ent+ Ent+ Ent+
Infrastructure de virtualisation vSphere avec l’automatisation basée sur des règles

Et pour continuer la lecture, voici quelques articles à lire:

  1. 14/02/2013 à 09:03 | #1

    Et j’oubliais, jusqu’à la mi-mars, l’upgrade vSphere Ent+ vers vCloud Suite Std est gratuite.

  2. 15/02/2013 à 09:05 | #2

    Hello,

    Top ton article, bravo !

    David

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